L’humain, un organe de perception sensible du monde ?

« Car je fus, pendant un temps, 
garçon et fille, arbre et oiseau, 
et poisson perdu dans la mer »

Empédocle, De la nature,
fragments, 117

Peintures de la grotte de Lascaux (Paléolithique)

Peintures de la grotte de Lascaux (Paléolithique)


Peintures de la grotte Chauvet (Paléolithique)

La Culture avant l’agriculture

La culture précède de loin l’agriculture : l’humain a exprimé à travers l’art et l’expression ce qu’il percevait du monde depuis des temps immémoriaux, et ce avec une grande recherche, une grande finesse et une grande qualité artistique. Qu’en est-il aujourd’hui de notre capacité humaine à percevoir le monde et à l’exprimer ? Quelle place ce potentiel humain a-t-il dans notre société ? 

Expériences sensibles et expressions du vivant

La fête celtique d’entrée dans l’hiver nommée « Samaïn », le 31 octobre, et la fête des morts, sont passées depuis peu. 
J’ai eu la chance, une fois encore, d’être dans un cadre qui m’a permis de célébrer Samaïn avec simplicité et profondeur : se rassembler autour d’un feu et partager ses deuils. Accompagner le mouvement de dépouillement des arbres et pouvoir se réjouir de partager son humilité – humanité, accompagnés par « Grand-père Feu », par quelques gouttes de pluie, par la nuit déjà si présente. 

Se laisser enseigner par les plantes séchées qui avec nos deuils se consument dans le feu : les plantes sèches se transforment en flammes, en parfums et en fumée. Une manière de rendre au ciel leur chaleur et leur lumière accumulées pendant l’été. Le retour dans le cycle des transformations, l’alternance vie – mort – vie. La fin lumineuse de la vie matérielle de ces plantes. Et comment je participe de ce mouvement à travers le partage de ce rituel. 

Autre lieu, autre enseignement : les palombes qui se rassemblent en nuées pour partir vers de nouveaux horizons
De toute leur beauté dansée elles viennent habiter le ciel l’espace d’un instant pour repartir et laisser la place au vide, laisser la place à d’autres chants, d’autres expressions. 
Ces palombes laissent en moi l’empreinte et l’écho de leur passage. 
J’observe comment je les regarde partir, avec une partie de moi qui aimerait les retenir, et une autre partie qui accueille leur absence pour m’ouvrir à d’autres présences comme le fait le vaste ciel.

Comment, à chacune de nos expériences au monde, nous captons le monde, ses rythmes, ses saisons, ses transformations ? En tant qu’humain, ne sommes-nous pas les organes de perception sensible de l’harmonie cosmique ? Rendons-nous hommage à cette capacité à travers le déploiement de nos vies ? 

L’expression artistique, aussi diversifiée soit-elle, n’est-elle pas la plus ancienne manière de rendre hommage, de rencontrer, de se mettre en lien aux autres, à soi et au monde ? 
Quels sont nos modes personnels d’expression artistique ? Toutes nos vies sont constituées de processus créatifs qui cherchent à s’incarner. Quels sont nos talents propres et nos grilles de lecture personnelles du monde ? Est-ce que nos créativités s’expriment en harmonie avec le vivant et honorent nos dons ? 

Des plantes et des hommes

Autres expériences récentes : j’ai retraversé à travers le mouvement et la danse les stades d’évolution de la vie humaine, depuis la station allongée du nourrisson jusqu’à la station debout de l’enfant qui s’élève, en passant par le quatre pattes et toutes les étapes intermédiaires. Considérer comment ma perception du monde change avec le niveau et la posture que j’occupe. 

Parallèlement, j’ai étudié l’évolution et l’apparition des plantes sur terre. Je peux y suivre les mêmes mouvements de redressement de la terre vers le ciel : au départ, les algues, totalement baignées dans la matrice océanique, nourries de toutes parts. Et puis la plante sort de l’eau, elle invente et explore la tige dans l’univers des prêles, invente et magnifie l’expression des différentes feuilles à l’instar des fougères, invente le bois pour se dresser à des dizaines de mètres au-dessus du sol à l’instar des conifères ou du gingko biloba. 

Si je goûte les feuilles dorées du gingko, mon corps peut m’informer, à travers mes sensations, de l’action du soleil lors de l’apparition de cette plante. La plante me redonne la qualité de cette lumière, cumulée à la puissance vitale de cet arbre, fossile vivant qui a traversé les âges. 

Le conifère m’enseigne comment m’ériger, m’individualiser, marquer mon territoire propre et indépendant, acquérir ma structure. Il me montre et me donne l’intériorisation du feu solaire dans sa sève parfumée, chaude et dorée. 

Comment les similitudes entre le monde végétal et le monde humain peuvent-elles m’accompagner pour ressentir la profondeur de mes liens au vivant ? 
Comment le rapport des plantes ou des autres vivants aux éléments, au feu, à l’eau, à l’air ou à la terre peuvent-ils venir refléter et équilibrer mes propres paysages intérieurs ? 
Comment l’émerveillement de mon corps sensible devrait-il toujours être à la source de ma créativité, de ma compréhension et de mes réponses au monde ? 

Je n’ai pas de réponses, seulement des questions, des pistes de réflexion qui sont les chemins de mes recherches de vivante parmi les vivant·e·s. 

Au plaisir de vous partager ces sensations, ces recherches, ces expériences d’être aux mondes sur le chemin des propositions de L’Ombelle. 

En vous partageant ma gratitude pour tout ce qui me soutient, pour ce cerf majestueux qui s’est offert à ma vue, et pour le soleil qui est revenu danser avec les feux des feuilles d’automne. 

Les prochains rendez-vous pour commencer ou continuer ces explorations à mes côtés : 

Ateliers Tantra 

  • Les 18 novembre et 16 décembre à Saint-Hippolyte-du-Fort : dépêchez-vous de vous inscrire il est encore temps de rejoindre cette aventure humaine !
  • Pour ceux qui viennent de loin, il est possible de dormir sur place pour 10€ la nuit. 

D’autres projets sont encore en cours de gestation, gardez les sens ouverts !

En vous souhaitant une journée lumineuse et remplie d’amour.

Angela


Angela Soissong
L’Ombelle
Une approche sensible du vivant 
pour une connexion profonde à soi et au monde
30460 Lasalle
+33 (0)6 25 54 31 91
asso.lombelle@gmail.com

Nouvelles de l’après-solstice

Par Angela Soissong, le 27 juin 2025

Bonjour à chacun, à chacune.

Je vous écris depuis le jardin dans lequel j’ai posé ma tente pour quelques jours – gratitude à ceux qui m’accueillent ! –  avant de partir pour un été tout en nomadisme et en ébullition, chargée d’un mélange d’inquiétude, de confiance et d’excitation devant l’inconnu qui s’ouvre devant moi. 

Un déménagement, de nouvelles rencontres, horizons et perspectives, le changement de mode de garde de mes enfants qui va me libérer du temps, leur changement d’école à la rentrée, les impératifs pour assurer ma vie matérielle, des choix de vie à faire… 
Je me sens comme au sommet d’une montagne depuis laquelle je peux contempler mon passé et mon futur, comme au milieu d’un grand carrefour, comme sur une pierre de gué au milieu de ma traversée. Dans un de ces moments de nos vies où tout bascule, où le chaos s’invite pour faire place au renouveau, où une connexion et une clairvoyance particulières s’invitent dans la danse aux côtés d’une vulnérabilité aiguisée tout comme d’une force décuplée, et où nos choix peuvent nous faire prendre une direction plutôt qu’une autre et changer le cours de nos vies. 

Il y a aussi comme un avant et un après solstice. Quel est le bilan de vos vies depuis le dernier solstice, le 21 décembre ? Et quelles sont vos perspectives, vos choix et vos intentions en direction du suivant ? Et dans votre vie entière, avez-vous déjà regardé le chemin parcouru ? Quels sont ces moments charnière qui ont changé le cours de vos vies ? 
La naissance d’un enfant ? Le retour d’un voyage ? Le début ou la fin d’une relation ? Un changement de lieu de vie ? Et que dessinent ces grands mouvements dans vos vies quand ils sont embrassés du même regard ? Peuvent-ils vous éclairer sur votre cheminement et votre direction ? 

Depuis quel endroit fais-je mes choix ? Depuis le néocortex ? Ou depuis le corps ? Et comment associer les 2 ? Est-ce qu’au-delà d’un choix rationnel, je peux sentir si une direction me met plus dans la joie qu’une autre ? Y a-t-il un chemin plus ombragé ou plus lumineux dans mon ressenti intérieur ? 

Je me sens aussi, parallèlement, dans une phase de récoltes. Je célèbre le fait que le travail et le soin apportés aux graines semées portent leurs fruits, et ouvrent des portes nombreuses aux promesses joueuses.  

Je célèbre enfin le fait qu’au beau milieu de tous ces mouvements, une cabane construite par des enfants dans la forêt puisse me servir de refuge nocturne quand mon cœur m’y invite : un toit fait de trois bouts de bois et je peux me sentir chez moi sur terre, en sécurité. Je célèbre à quel point le nombre d’heures passées dans la nature me donne une assise au milieu du vent turbulent du changement, régule mon système nerveux, me permet le retour au calme et à la clarté. 

Et voilà, c’est au milieu de ce tumulte prometteur que je vous annonce qu’il ne reste que 2 places pour l’immersion Territoires animaux dans la Drôme, et que nous travaillons joyeusement avec Irène à l’élaboration de nos contenus, avis à ceux qui voudraient encore nous rejoindre !

Je fais également une pause estivale pour ce qui est des massages tantriques à La Source à Saint-Hippolyte du Fort : je reprendrai à la mi-août !

En vous partageant ma gratitude pour le vent et l’eau qui tempèrent le feu, pour les papillons qui offrent leurs mouvements, leurs couleurs et leur légèreté, pour la générosité de la communauté qui m’entoure et me soutient. 

Avec Amour, et en vous souhaitant un été magnifique ! 

Angela

Le corps, initiateur de nouveaux chemins d’être au monde

Par Angela Soissong, le 22 mai 2025

Aujourd’hui, dans notre société, le corps est souvent soit anesthésié (on accouche sans douleurs, on fuit bien souvent les émotions et les sensations compliquées, on prend du Doliprane aux moindres maux…) soit hypersthésié (on fait du saut à l’élastique, on conduit des voitures à grande vitesse, on recherche des sensations fortes ou des performances, on prend des drogues…). Nos corps se retrouvent soit éteints, soit hyper stimulés. 

En outre, on peut être totalement coupés du monde qui nous environne : on peut être pris dans nos pensées à tel point qu’on ne perçoit plus nos sensations. De ce fait on ne perçoit plus notre environnement avec autant de finesse et d’acuité que nous le permettraient nos potentiels humains. Nous nous sommes presque totalement émancipés de notre environnement. 

Dans le passé, l’Homme ne faisait pourtant pas de distinction claire entre lui et son « contenant » : un enfant aborigène d’Australie a qui on a demandé de se dessiner a dessiné son village entier.

Aujourd’hui, c’est comme si la perméabilité s’était émoussée entre soi et le monde. Qu’est-ce qu’on perd comme capacités proprement humaines dans cette relation d’aujourd’hui à nos corps et au ressenti de nos environnements ? 
Quels sont les enjeux de cette perte ? Pourquoi est-il nécessaire de retrouver les sensations d’un corps ouvert à son environnement ? 
Et comment, aujourd’hui, rouvrir ces canaux de porosité entre soi et le monde ? Comment revenir à la conscience sensorielle qui serait celle d’un indigène ? 

Les problématiques écologiques et sociales actuelles rencontrées par l’humanité (l’isolement des gens, la destruction de la terre, la création de systèmes de pouvoir…) représentent des défis cruciaux pour l’avenir de la planète et de ses habitants. 
Les humains de nos sociétés sont en outre de pâles copies de ce qu’ils pourraient être, des « mort-vivants » qui ont bien souvent perdu le contact avec leurs dons, leur vitalité et leur puissance créatrice. 

Dans une culture naturelle, les humains dont les corps sensibles sont bien vivants sont en lien avec leur environnement. De là, ils peuvent savoir qui ils sont et quelle est leur place. Leurs capacités d’orientation, d’intuition, de discernement, de choix éclairé, d’action juste peuvent s’épanouir. Ils peuvent savoir quelles sont leurs forces et leurs faiblesses, connaître les dons qu’ils ont reçus de la nature et pour la nature. En relation avec le monde, l’humain peut développer des comportements respectueux du vivant, des autres humains, et faire fleurir la paix individuelle et collective. 

Quant à la question de « comment » se remettre en lien avec nos sensations et nos environnements, le corps est pour moi la clé, et l’élément qui traverse tous les outils de L’Ombelle.

Au travers tout d’abord de la phénoménologie de la nature : c’est un courant philosophique initié par E. Husserl au tournant du XIXe au XXe siècle, mais déjà vécu quoique non « pensé » ni « théorisé » chez Aristote ou, d’après moi, chez les peuples premiers ou dans les sources du tantrisme. 

La phénoménologie part du principe que le corps sensible est la base de toute expérience et de toute connaissance, et que pour comprendre et rencontrer le monde, il est nécessaire de partir de l’expérience vécue, sensuelle, corporelle, de soi dans et avec le monde. 

D’après ce courant de pensée, qui s’oppose à Descartes et à toute la science moderne, on ne peut comprendre le monde qu’en s’y liant, non pas en s’en séparant, en l’analysant, en le découpant en morceaux. Dans ce contexte, il est question de rencontres de sujet à sujet, et non pas de sujet à objets. 

L’approche goethéenne de la nature, ou approche sensible, part de ce même postulat, et réhabilite elle aussi le corps sensible comme véhicule de compréhension du monde. Elle replace l’observation dans un champ où ce que je vais chercher à rencontrer n’est pas séparé de son environnement et se déploie dans le temps. 

Dans le mouvement des 8 Shields, ces pratiques de connexion à la nature issues des peuples premiers, c’est aussi toute la vie quotidienne dans et en relation avec le vivant qui est le terrain de compréhension du « corps vécu » et de son environnement : faire du feu rime avec le fait de rencontrer la bonne essence d’arbre pour réaliser son « kit feu à l’archet », avec le fait de couper une branche et de la tailler, et par là de ressentir sa texture, sa dureté, son odeur… Cuisiner revient à se promener tous sens ouverts à la recherche des espèces comestibles et de se mettre en lien avec un vaste monde d’odeurs, de saveurs, de matières… que notre corps est maître dans l’art de respirer, goûter, toucher, contempler… Il en va de même pour se fabriquer un contenant en fibres végétales, pour pister des animaux, pour se construire un abri pour la nuit, pour tout ce qui relève de l’expérience d’être immergé dans la sensualité du monde vivant. La « vie dehors » n’a rien à voir avec les environnements aseptisés de nos villes et est le terrain de jubilation de nos corps sensibles. 

Dominique Cottereau, pédagogue par la nature, parle d’écoformation : c’est l’environnement qui m’enseigne, me forme, nourrit mon ventre, mon âme, mes connaissances. 

En outre, ces messages olfactifs, colorés, gustatifs, restent comme gravés dans nos corps, et plus on les écoute, plus on sent une relation d’amour qui se tisse, circule, s’approfondit, entre les vivants que nous sommes amenés à rencontrer et nous-mêmes. 

Les 8 Shields proposent aussi tout un panel d’outils relatifs au déploiement de l’attention, de la conscience sensorielle, de l’écoute profonde, de la libre expression de nos conduites instinctives, du mimétisme des formes animales et végétales : prendre corps dans et avec la nature permet de rouvrir nos canaux de communication et de nous rendre poreux aux enseignements du vivant. 

Les approches somatiques ou le tantrisme façonnent eux aussi à leur manière cette porosité aux vents, aux rayons du soleil, à la densité de l’air, à l’humidité ambiante, au chant des oiseaux. Il s’agit de faire des synesthésies : comment peut-on transposer un goût en couleur ? Une odeur en mouvement ? Un signal auditif en un ressenti musculaire ? Cette circulation que l’on peut opérer entre les différents sens induit une compréhension profonde du monde vécu. 

Parmi ces pratiques, la danse traditionnelle issue du tantrisme cachemirien, « Tandava« , ou « danse de la totalité », laisse circuler en soi le mouvement spontané du corps. L’idée est qu’en assouplissant nos corps, s’assouplissent aussi nos esprits. Qu’en mettant de l’espace dans nos cellules, les émotions, informations, sensations bloquées puissent se remettre en mouvement. L’idée est de sortir de notre anesthésie permanente pour se laisser ressentir l’intensité de tout ce que l’on contient voire comprime, et de tout remettre en circulation. En redevenant un corps ouvert au mouvement spontané, on peut devenir comme le lit d’une rivière, dans lequel tout peut couler, traverser, sans se scléroser ni stagner, sans qu’on ait besoin de tout contrôler. Dans lequel les informations enfouies peuvent remonter à la conscience. 

Ces pratiques corporelles permettent d’affiner nos sensibilités et l’intelligence de nos corps de telle manière à ce que dans nos vies, nous ayons une grande acuité pour faire nos choix et pour nous orienter au quotidien

La voie tantrique du Spanda, la voie de la vibration, évoque le fait que tout dans le vivant est conscience et vibration. En redevenant nous-mêmes des corps vivants et vibrants, nous redevenons sensibles à la vibration de tout ce qui nous entoure : plantes, objets, animaux, matières… Et c’est comme un afflux de beauté qui du coup se manifeste de toutes parts dans nos perceptions. Dans le mouvement des 8 Shields, il est dit que quand deux systèmes nerveux se mettent en harmonie, il y en a comme un troisième qui apparaît et qui donne accès à une sagesse universelle. 

De telle manière à ce que la joie organique d’être vivants prenne place dans nos corps – cœurs – esprits et que l’amour et la sagesse circulent entre nous et le monde. De là peuvent naître et s’épanouir le respect, la révérence, la connaissance et le soin de soi, de l’autre et de tout le vivant. 

Merleau-Ponty, qui s’est penché profondément sur ces questions de phénoménologie,parle même, au-delà du concept de corps, d’une « chair collective », qui serait à la fois « notre chair et la chair du monde » tant le corps du monde et nos propres corps sont intriqués à travers la sensation et l’expérience vécue

Voici brossés en quelques lignes les contours de l’idée du « corps – sujet » et de la richesse qu’il contient pour nourrir notre manière d’être au monde. 

En espérant pouvoir vous emmener expérimenter dans la matière l’essence de ces idées à l’occasion d’un futur stage. 

Une petite citation extraite du très bel ouvrage « Comment la Terre s’est tue », de David Abram, me permettra de finir sur des mots si bien formulés et qui disent avec justesse et poésie l’intrication étroite entre nos corps et le vivant qui nous contient et nous emplit à la fois : 

« Le corps vivant est ouvert et ses limites sont indéterminées. Plus semblables à des membranes qu’à des barrières, ces limites définissent une surface de métamorphose et d’échange. Le corps qui respire et sent tire sa nourriture et sa substance même des sols, des plantes et des éléments qui l’environnent. Lui-même ne cesse de contribuer à l’air, à l’enrichissement du sol, à la nourriture des insectes, des chênes et des écureuils. Il ne cesse, à la fois, de se déployer hors de lui-même et de respirer le monde en lui-même de telle sorte qu’il est très difficile de discerner, à chaque instant, où commence précisément ce corps vivant et où il s’arrête. »

Dans la joie de vous partager mes passions, et avec beaucoup de gratitude pour tous ceux qui me transmettent leurs enseignements et me soutiennent. 

Angela

Qu’est-ce que la connexion ?

Nous nous éprouvons faits de terre, d’air, d’eau et de lumière. Nous sommes le vivant, prolongement du dedans dehors, et du dehors dedans. Nul n’est centre, et chacun a une place. Entre la chair de l’homme et la chair du monde, nulle rupture, mais une continuité sensorielle de chaque instant. Ouvrant le passage à l’ancien savoir qui nous habite, à une danse d’avant le langage, d’avant la première phrase, émerge un duo intime avec notre condition d’être vivant, dont le cycle de vie et de mort fait partie. 
Du silence, la poésie peut naître et rendre hommage ». 
Alex Guex

La douzaine de routines de connexion à la nature communes aux différents peuples premiers, dans la diversité de leurs mises en œuvre, et la roue des 8 directions du modèle des 8 Shields sous-tendent et entourent toutes nos transmissions. À la fois fondations et contenants culturels, elles permettent d’intégrer dans son corps les rythmes du vivant et d’interagir dans le monde, dans ses relations, dans ses projets, en harmonie avec tous les aspects de la création. 

La pratique de ces routines – la place médecine, l’errance, le chant, la danse, le pistage animalier et le pistage intérieur, les arts ancestraux (faire du feu à l’archet, récolter et tisser des fibres végétales, cueillir et cuisiner des plantes sauvages…) etc. permet de tisser des cordes de connexion de plus en plus nombreuses et épaisses avec tous les aspects du vivant.

Quand Jon Young, l’initiateur des 8 Shields, a demandé à un ancien Bushman du Kalahari « C’est quoi être Bushman ? », cet ancien guérisseur lui a fait une réponse à peu près de cette teneur :

« Être Bushman, c’est se réveiller le matin et aller pister les traces des animaux pour voir qui est passé là pendant la nuit, c’est aller observer les baies pour voir lesquelles mûrissent. 

Peut-être qu’un matin j’apercevrai un oiseau, je le regarderai dans les yeux, et en retour il me regardera lui aussi dans les yeux. Le lendemain on se reconnaîtra. Un filament de connexion entre lui et moi aura émergé. Quelques jours plus tard, je noterai peut-être la particularité des plumes blanches de sa queue, et puis la fois d’après à l’écoute de son chant je saurai que c’est un mâle.
Le filament de connexion entre lui et moi va s’épaissir de jour en jour au fil de nos rencontres pour devenir un petit fil. Un jour il me présentera sa partenaire, je le verrai la nourrir, et ça me rappellera la mienne et comme j’aime moi aussi prendre soin d’elle. De jour en jour, au fur et à mesure que je développerai cette relation, un sentiment d’amour circulera entre nous.

Être Bushman pour nous c’est établir ces cordes de connexion – parce qu’à un moment ça devient des cordes épaisses – avec tous les aspects de la création, oiseaux, mammifères vent, soleil, animaux, plantes… C’est quand on est vraiment ancré dans notre environnement. C’est ça être Bushman »

Depuis cette perspective, nous pouvons réassocier naturalisme et chamanisme. Chez les peuples premiers, les anthropologues ont vu des rapports entre le chaman et des entités « surnaturelles », sans voir que la magie prenait corps dans la nature elle-même
Ce qui est magique, mystérieux, puissant, ne pouvait appartenir pour les Occidentaux qu’à une dimension surnaturelle, non physique, « au-dessus » de la nature, dès lors que l’on considère la nature comme un simple décor, juxtaposition d’objets sans âmes. « Et pourtant (…) Les puissances et les entités profondément mystérieuses avec lesquelles les chamans entrent en rapport ne sont autres que ces mêmes forces – ces mêmes plantes, animaux, forêts et vents (…)»1. Donc la nature elle-même. 

Les pratiques proposées par L’Ombelle visent à nourrir et approfondir notre connexion, à soi, aux autres et aux vivants « autres qu’humains ». Cela doit permettre d’établir des correspondances dans notre système nerveux : les neurones font autant de connexion à l’intérieur qu’il se crée de liens à l’extérieur. Ce faisant, nous réactivons en nous tous nos potentiels. Sinon, nos systèmes nerveux restent atrophiés, ou encore hypertrophiés par secteurs (au niveau de la vue par exemple). Ce déploiement peut nous rendre perceptibles des réalités plus subtiles invisibles jusqu’alors. 

Pour être pleinement humain il faut être connecté à une grande diversité d’espèces. La connexion, c’est le processus d’établir ces relations jour après jour. Cela amène une paix profonde et développe les sentiments d’empathie, de révérence et d’amour envers le vivant. Cela nous accompagne pour manifester nos dons dans le monde et pour y occuper notre place avec justesse. 

Prochains stages pour découvrir ou approfondir votre connexion au vivant : https://lombelle.com/stages-2/

1 David Abram, extrait de « Comment la terre s’est tue, pour une écologie des sens », éditions La Découverte

Merci à Jean-Claude Catry et Ingrid Bauer pour leur mentorat et le soutien invisible qu’ils me donnent pour écrire mes articles. 

Nouvelles du Nord-Est et alignement de nos intentions

Dans la roue des 8 Shields, chaque direction correspond à une énergie particulière.

Au Nord-Est, on est juste en-deçà du commencement, juste avant le lever du soleil, dans l’énergie du pré-printemps. Quand tout se réveille sous terre mais de manière encore à peine perceptible. Ça correspond, dans le fil d’une journée, à « avant l’aube ». C’est à cette heure que se recensent le plus de morts et de naissances. C’est cette énergie qui précède le lever du soleil à l’Est, l’inspiration, les commencements.


Puis la roue continue de tourner et de traverser chaque direction avec son énergie particulière. Dans chacun de nos projets, dans chacune de nos journées, dans le fil de notre vie entière. La connaissance de ces rythmes du vivant m’aident à me situer chaque jour, chaque année, dans la trame de ma propre vie et en relation avec le monde.

Partage autour de ma traversée du Nord-Est ces derniers jours :

Je traverse une période de grande intensité. Je rencontre la vie, la mort. L’énergie du Sud-Est, celle des fins et des commencements dans le cycle du vivant. Juste en-deça de l’inspiration à l’Est. Mes émotions sont vives dans cette traversée.

L’arbre de ma cour s’est fait couper, il menaçait de tomber. Je remarque comme j’étais attachée à « mon arbre ». Prendre un temps collectif pour lui dire au revoir et pour le célébrer. Endeuillée. 

J’ai dépecé un animal mort, fraîchement cogné par une voiture. Mon premier dépeçage ! Bientôt les nouvelles du tannage…
Et le dépeçage d’un animal sauvage, pour mon âme de végétarienne, représente un grand dépassement. J’en garde l’émerveillement devant les reflets bleutés et brillants des muscles sous la peau, la texture extraordinaire du dessous de la peau de l’animal au contact ma propre peau, et l’odeur sauvage persistante sur mes mains plusieurs heures après le dépeçage. Nouvelle rencontre. Je célèbre à ma place médecine, dans la forêt, par le chant. Les chevreuils sont curieux et approchent si près ! Célébration !

À côté de ça, des intentions posées il y a quelques mois se trouvent réalisées sans même que je m’en rende compte. La puissance de l’intention posée et formulée clairement. 

De nouveaux chemins émergent, de nouvelles manières de regarder le monde. L’effet des routines de connexion à la nature et du mentorat culturel. Ouvrir de nouveaux possibles, des perspectives plus larges, une confiance plus profonde. Je sens que mon engagement à occuper ma place m’aide à manifester mes dons dans le monde. Mon corps s’ouvre à la joie organique d’être vivante et la nature me soutient. 

Déjà, entre le moment où j’ai rédigé le gros de cette lettre et ce matin, l’énergie de l’Est s’établit : tant que la roue tourne, je suis reliée aux rythmes du vivant ! 

Je sors juste d’un week-end dans le Vercors à m’entraîner à faire du feu à l’archet, à monter un campement, à manifester mon engagement envers la connexion, à nourrir les liens avec les humains et la nature. Gratitude à mon ami Cédric d’avoir initié et animé ce week-end autour des chemins du feu ! 

Et une question à emporter pour la route : quelles sont vos intentions profondes ? Dans votre travail ? Dans votre famille ? Dans chacun de vos projets ? Quelle est votre étoile polaire, celle qui guide et aiguille chacun de vos actes et qui oriente vos canaux d’attention au monde ? Dans la roue des 8 Shields, une intention posée clairement (direction du Nord) permet d’ajuster ses interactions et notre engagement avec le monde (direction du Sud). 

Mais dans notre société, se préoccupe-t-on jamais de ce pourquoi on fait les choses, au-delà du plaisir ou de la nécessité ? Questions à pister intérieurement…

Gratitude pour m’avoir lue. 

Avec amour.

Angela

Fêtes calendaires et mesure du temps

Par Angela Soissong, le 18 décembre 2024

Joyeuses fêtes de fin d’année !

À l’approche du solstice d’hiver et de la célébration de Noël, je plonge dans le dépouillement pour revenir au plus proche de mon essentiel. La vie me fait revisiter mes centres d’intérêts à la lumière de nouveaux angles de vue. Plus profonds, plus subtils. J’épaissis ma relation au monde. 

Je vous partage ma gratitude d’avoir assisté récemment à la conférence donnée par Andrew Marshall, pédagogue à l’école Steiner Caminarem à Alès, sur les fêtes calendaires dans la pédagogie Steiner. J’aimerais vous partager un peu de ce que j’ai appris, un peu de mon émerveillement face à la profondeur de la connaissance du monde de Rudolf Steiner. 

Les apports d’Andrew Marshall dans cette conférence remettent au cœur de l’appréhension des fêtes calendaires la question du temps. Qu’est-ce que le temps ? Qu’est-ce qu’une année ? D’où vient le fait que l’humain ait, depuis des milliers d’années, eut besoin de mesurer le temps, et de marquer comme des événements importants et répétés d’années en années, dans le calendrier, les solstices et les équinoxes, Beltaine, Samaïn, Yule, Imbolc chez les Celtes ? Devenus plus tard Noël, la chandeleur ou la fête des morts ?  On retrouve les plus anciens dispositifs de suivi du temps au Paléolithique supérieur, 43000 ans avant notre ère ! Quel est ce besoin humain si ancien de mesurer le temps ? 

Il existe deux modèles de calendriers : le calendrier cyclique, qui s’inscrit dans un cercle, et où chaque point cardinal représente une saison. Dans le cercle, chaque année, on retraverse les 4 saisons et l’énergie des quatre directions qui leur correspondent. Ce modèle de calendrier permet de faire des liens entre les dates célébrées, des échos entre les points cardinaux, des connexions internes. Mais le problème est qu’on est coincé dedans, tout y est déterminé, répétitif, il n’y a pas moyen de s’en échapper, aucune liberté, aucune sortie du cercle répétitif. 

Aujourd’hui et depuis Thalès, la forme adoptée par le modèle calendaire est la ligne droite : la frise chronologique. On pose un point de départ – comme la naissance de Jésus Christ dans notre calendrier actuel -, et on marque les événements qui suivent sur la ligne les uns après les autres. Là, enfin, il y a possibilité d’évolution, on n’est plus coincés dans le cercle, mais par contre les événements du calendrier deviennent un simple défilé de dates qui n’ont plus de liens entre eux. Les événements n’ont plus de sens. Ce calendrier est pourtant la base de toute notre vie moderne. Que se passerait-il si on ne l’avait plus ? 

Aucun de ces deux modèles, finalement, ne permet d’appréhender l’écoulement du temps en prenant en considération à la fois le besoin de faire des liens entre les événements, et le besoin d’évolution et de liberté. 

Autre problème qui se surajoute à ce constat, c’est la durée de l’année solaire. L’année solaire dure exactement 365,242 189 8 jours (soit 365 jours 5 h 48 min 45,198 s, c’était là sa valeur pour l’an 2012) ! C’est grosso modo le temps d’une révolution de la terre autour du soleil. 360 jours auraient été bien plus pratiques, facilement divisibles en 12 mois précis ! Mais le temps des planètes n’est pas une valeur fixe et découpable en portions égales. Et même la journée supplémentaire tous les 4 ans amenée par les années bissextiles ne suffit pas à conserver la concordance exacte entre l’année solaire réelle et le calendrier. Par le passé, on a opté pour plusieurs solutions face à ce problème : chez les Babyloniens, il y avait chaque année 5 jours flottants, hors de l’année ! Chez les Romains, on a dû ajouter plusieurs mois et introduire l’année bissextile pour que Noël (ou plutôt son équivalent, les Saturnales), ne se retrouve pas à Pâques ! Pour rattraper toutes ces fautes de calcul, il a fallu retrancher 10 jours du calendrier lors du passage du calendrier julien au calendrier grégorien. De la sorte, l’introduction du calendrier grégorien commença le vendredi 15 octobre 1582, qui fut le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 dans les États pontificaux et certains pays catholiques ! Et dans les pays protestants, du jour au lendemain, on n’était donc plus le même jour que dans les pays catholiques !

Stonehenge, un dispositif de suivi du temps à ciel ouvert ?

À présent, il n’y a plus qu’un léger décalage, mais on n’est déjà plus justes non plus ! Dans 3000 ans, il faudra à nouveau redécouper le calendrier. Et jusqu’à 2017, le jour de l’an, des scientifiques ajoutaient ou coupaient une seconde dans l’année afin de régulariser les décalages !  

Le noyau de ce problème est que l’année est une chose vivante, non divisible, non découpable en tranches d’égale mesure. La rotation des planètes se compte en nombres irrationnels qui s’écrivent sur des pages et des pages de nombres après la virgule. Les Mayas avaient eu l’intelligence de poser une date de fin à leur calendrier, parce qu’ils savaient qu’une année était vivante et qu’on ne pouvait pas l’emprisonner dans un même modèle à vie. Le modèle n’est pas la réalité ! 

Comment, alors, trouver la justesse dans la mesure du temps, à l’instar du ver Palola viridis, qui vit dans les mers profondes du Pacifique, et qui pourtant, chaque année, se reproduit précisément la première pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps ? 

La réponse se trouve au creux de chaque être humain. Pour comprendre ça, je vous retransmets l’invitation d’Andrew Marshall : pendant 2 minutes, connectez-vous avec vous-même, fermez les yeux, et tâchez de ressentir comment vous vous sentez aujourd’hui. Dans le toucher ? Dans la chaleur ? Dans le cœur ? Dans le corps ? Quels sont vos désirs aujourd’hui ? Et si vous comparez tout ça avec il y a 3 mois ? 6 mois ? 9 mois ? 1 an ? 2 ans ? 10 ans ? Qu’est-ce qui change ?  

La réponse est assez précise et universelle : je ressens un mélange entre le modèle du cercle et le modèle de la frise chronologique. À la fois je peux ressentir que je ne suis pas la même au printemps, à l’automne, en été ou au cœur de l’hiver. Chaque année je retraverse ces cycles et ces saisons dans mon corps, perméable aux cycles de la nature qui m’environne. Et à la fois je peux ressentir que chaque année je suis différente, que chaque année la couleur d’une saison n’est pas tout à fait la même que l’année précédente. 

Nous oublions trop souvent que nous sommes aussi des animaux et que nous possédons comme eux des sens de perception subtile, pour nous orienter, pour ressentir le temps qui passe et les cycles des saisons !  

La spirale, qui correspond au mouvement réel de rotation des planètes autour du soleil, qui lui-même avance dans la galaxie, pourrait incarner ce modèle mixte entre la ligne et le cercle. Déterminée, cyclique, mais avec à chaque nouveau tour un espace de liberté et de mouvement au rythme des astres lointains. 

Au plus profond de mon ressenti intime, je suis en lien avec les rythmes des planètes et avec des ressentis universels, avec ceux des plantes et des animauxComment retrouver les chemins de perception qui nous permettent de retrouver les chemins de l’unité, qui partent de l’intime pour toucher à l’universel ? Et dans cette perspective, les fêtes calendaires ne constituent-elles pas l’unité de la mesure du temps ? 

Ces idées vertigineuses me permettent de comprendre pourquoi il m’est si intimement important de célébrer les portes des saisons et des fêtes calendaires, et pourquoi ces festivités, ces événements me relient aux autres et au monde. Il y a un avant et un après Noël, un avant et un après St Jean. Comment être digne de ces seuils qui se répètent d’année en année ? Quelle est l’énergie subtile d’un passage plutôt que celle d’un autre ? Quel est ce quelque chose de commun qui nous surélève dans chaque fête ? Comment le solstice me relie à l’univers entier ? Je retrouve, derrière la tradition, le sens profond des fêtes. 

Et quand les enfants peuvent apprivoiser ces rythmes à travers les fêtes calendaires pendant leurs premières septaines de vie, c’est comme s’ils buvaient les informations des rythmes de la terre en relation avec le cosmos, et comme si ces informations macrocosmiques nourrissaient leur microcosme de vie quotidienne : fêter Pâques, c’est comme apprendre à naître, fêter la Saint-Jean, c’est comme apprendre à manger un bon repas de midi, fêter Noël, c’est comme apprendre à mourir… Ça donne des outils pour traverser la vie, tous ses deuils, toutes ses naissances, tous ses couchers de soleil, et les différentes étapes de chaque événement de nos vies.  

Voilà ici résumés les fondements de cette conférence. J’espère que ce partage vous nourrira autant que j’ai été nourrie par ces apports ! 

Je vous souhaite, avec tout ça, de joyeuses fêtes de fin d’année. Un retour à la plénitude dans le dénuement de Noël, le sens profond, et une « porte » emplie de sacré pour le passage à 2025.  

Avec amour. 

Angela

Photo David Hendricks

En quête de feu

Avant de vous transmettre les nouvelles de L’Ombelle, permettez que je vous partage le récit de ma dernière quête de feu.

La fête celtique Samain, le 31 octobre, est passée il y a peu. Cette fête célèbre le démarrage de l’hiver chez les Celtes, le solstice le 21 décembre étant l’apogée de la saison hivernale. Il est dit que la nuit du 31 octobre s’ouvrent les portes entre le monde visible et le monde invisible. Que l’invisible peut s’y rendre visible. Le dépouillement, les longues nuits, et la mise à nu des arbres et de la terre permettent de voir l’essentiel, au-delà des apparences et des surfaces. 

C’est le moment aussi où les nuits commencent à être vraiment longues. Le soleil ne réchauffe plus comme en été. Il faut désormais compter sur les ressources de son propre feu intérieur pour traverser, illuminer et réchauffer nos hivers et leurs longues nuits. L’été a normalement permis de recharger ces réserves de soleil intérieur. 

Cette année, pour Samain, je suis partie en « Quête de feu« , un rituel de passage qui me semblait tomber à point nommer pour nourrir et assurer la solidité mon feu intérieur à la porte de l’hiver. J’aimerais profiter de cette newsletter pour vous conter un peu de ma quête

Une quête pour rencontrer le feu. Dans sa matière comme dans son essence. Pour lier matière et spiritualité

Comment l’allumer, l’entretenir, le maintenir en vie et l’accompagner pour qu’il s’éteigne naturellement et dans le respect de son être ? Qui est ce feu qui nous réchauffe ? Qu’est-ce que le feu ? Quelles sont ses qualités ? Comment le feu au dehors répond à notre feu intérieur ? 

Quelques mots sur le sens de ce rituel de quête de feu : « Dans toutes les cultures indigènes les étapes importantes du développement de l’individu sont marquées par des rites de passage, soutenus par l’ensemble de la communauté. Notre société moderne occidentale ne nous offre plus ces rites, ce qui fait de nous, bien souvent, des adultes immatures, portant encore et toujours nos blessures d’enfance, notre besoin d’être vu et reconnu. Dans certaines cultures ce rite de quête de feu se pratique pour marquer le passage de l’enfance à l’adolescence. Cependant il n’est pas incongru de vivre ce rite à l’âge adulte si nous n’en avons pas eu l’occasion avant. » Thibault Monfils (organisateur de la quête).

Plantons le décor : Je pars seule en forêt avec un couteau, une gourde, et le minimum d’équipement pour allumer un feu : mes éléments pour faire un feu à l’archet, un firesteel (pierre à feu), 3 allumettes dans leur boîte, quelques morceaux d’écorce, de bois et d’herbes sèches comme matière pour démarrer mon feu. 

La pluie menace, et tout est détrempé après plusieurs jours de pluie. Pas de sac de couchage, de tapis de sol, de tente. Pas d’heure ni téléphone, ni frontale. Juste les vêtements que je porte. Moi et mon feu intérieur. 

D’abord, « être choisie » par mon lieu. un immense chêne au pied duquel je me sens accueillie. La qualité de la lumière me plaît. C’est là. 

Chaque quêteur, parti seul de son côté, a l’après-midi pour s’installer, préparer son bois pour la nuit et préparer tout le nécessaire pour allumer son feu. Nous sommes invités à allumer nos feux à la tombée du jour. Une fois la nuit venue et le feu allumé, nous devons rester sur place : il ne sera plus temps de rechercher du bois même si on devait en manquer au courant de la nuit. Veiller notre feu toute la nuit. Ne pas dormir. Nous sommes invités aussi à laisser s’éteindre notre feu naturellement avec l’approche du jour, pour qu’au lever du jour il ne reste plus la moindre braise rouge, et que nous puissions recouvrir et camoufler notre foyer, re-disperser notre surplus de bois s’il y a lieu. Qu’il ne reste aucune trace. 

Me voilà donc à la nuit tombante. J’ai fait un gros stock de bois mort sur pied. Je suis prête. Il se met à pleuvoir… J’abrite comme je peux mes réserves de tout petit bois que j’ai trié par sections, mon herbe sèche et mes matériaux d’allumage. Je tente d’allumer mon feu à l’archet. Je ne parviens pas à faire la moindre braise. J’essaie mon firesteel. Avec mon gros couteau de bushcraft en guise de grattoir, je n’arrive pas bien à produire des étincelles, je menace de renverser sur le sol détrempé mes micro-copeaux de bois gras et mes lanières d’écorce de bouleau. La nuit approchant, je passe aux allumettes. La première s’éteint. La deuxième aussi ! Panique ! Vais-je passer la nuit sans feu ? Reste la troisième et dernière allumette : ma dernière chance !

Garder mon sang froid. Me calmer. Me centrer. Respirer. Je prépare minutieusement mes fines lanières de bouleau pour prolonger la vie de la flamme que je vais produire avec ma dernière allumette. 

Et là, miracle. C’est parti. Mon nid d’herbes sèches veut bien s’allumer, abrité de la pluie par mon buste penché en avant. Le tipi de fines tiges de bois préparé avec soin s’enflamme. 

Mais le feu est encore fragile. Peur que ça ne s’éteigne. Je nourris mon feu activement et avec conscience. 

Rapidement, mon feu devient solide. Il disperse chaleur et lumière dans les environs. La lumière éclaire tout le sous-bois. Je peux m’occuper d’installer ma couchette (ma veste posée par terre et une grosse racine en guise de dossier !), m’occuper de disposer mon bois de manière à ce qu’il puisse sécher tout autour de mon foyer. Trié par sections. À portée de bras. 

Mais mon « plancher » de branches, qui isolait le tipi du sol détrempé, s’enflamme en grand. Mes tas de bois qui sèchent sont trop proches.Panique ! Tout retirer plus loin, ôter les braises qui roulent et menacent mes réserves de bois de brûler, sécuriser la zone. Mon tas de braises me paraît énorme, mes sections de bois trop épaisses, mon feu trop grand. Le contenir jusqu’à ce que je me sente en sécurité. Attendre que mon tas de braises s’amenuise. 

Puis enfin repartir d’un tout petit foyer. Le nourrir petit à petit, calmement. Maintenir mon feu vivant. 

Quand viendra le jour ? La nuit est si longue. C’est la nouvelle lune. La pluie n’a duré que le temps de l’allumage de mon foyer. Le ciel s’est dégagé et les étoiles brillent au-delà de la canopée, nourrissant l’espoir. Anticiper l’extinction de mon feu. Mais quand anticiper ? Dans un temps hors du temps minuté au rythme de la montre ? Le coq chante enfin. Mais le jour semble ne jamais vouloir se lever. 

Les pensées traversent mon esprit les unes après les autres. Quels sont les enseignements de cette quête ? Comment structurer mon feu ? Quel travail et quel engagement ça représente ? Comment protéger mon foyer ? Comment gérer mon énergie ? 

Cet allumage et l’entretien de ce feu sont comme un miroir de ma manière de gérer mon feu intérieur. Comment trouver la bonne balance entre la flamme jaune qui disperse son énergie à tous vents et rayonne largement, et la braise rougeoyante, dormante, contenue, qui conserve son énergie ?

Je peux lire à l’extérieur tous mes schémas de fonctionnement intérieur. Les paysages du dedans et du dehors se répondent. La nature m’enseigne avec clarté, rend visibles mes réflexes inconscients.

Enfin, le jour vient à poindre. Re-disperser mes trop importantes réserves de bois. Regarder s’éteindre les dernières braises. Plonger mes mains dans les cendres chaudes et goûter à leur douceur. Puis rejoindre les autres quêteurs. Nous retournons au feu central où une équipe a veillé toute la nuit pour nous soutenir, nous préparer des mets délicieux, nous chanter… Goûter à l’accueil de la communauté après cette interminable épreuve. Gratitude d’être en vie. Partager nos histoires pour les intégrer, mieux les comprendre, affiner leur compréhension. Laisser mûrir et se déposer les enseignements du feu. 

Très nourrie par cette quête, me voilà prête non seulement pour traverser l’hiver, mais au-delà, pour replonger dans ma vie plus consciente de mes forces et de mes faiblesses, de mes responsabilités, des actions à mener dans ma vie. Plus adulte, plus confiante et plus forte. 

Capable de danser avec les énergies du feu en moi et au-dehors.

C’est riche de toutes ces expériences de vie que je vous rappelle les propositions de L’Ombelle : 

  •  Journées Familles des Bois : (attention changement de date pour décembre !) les mercredis 20 novembre et 4 décembre : contactez-moi pour vous inscrire. On continuera à travailler sur le feu et les techniques d’allumages primitives. Je vous transmettrai avec joie mes nouveaux apprentissages ! On se plongera également dans la construction de cabanes pour accueillir notre tribu des bois par tous les temps hivernaux !
  • Ateliers mensuels de Tantra : les 26 novembre et 20 décembre : Les ateliers sont complets, mais je prends encore des gens sur liste d’attente.
  • Accompagnement Individuel à la Connexion : grâce aux outils de connexion à la nature des peuples racines (modèle des 8 shields), au tantra et à l’approche sensible de la nature, je vous accompagne pour que vous puissiez développer votre conscience sensorielle, votre créativité, et avancer dans l’ouverture du cœur, la pleine présence et la Joie de vivre. Pour que vous puissiez faire grandir la paix en vous et autour de vous, étendre le champ de vos relations et développer vos pleins potentiels de vie. Pour vous accompagner dans l’assise de votre sensation de complétude et vous sentir en permanence soutenus et accompagnés par le Vivant.

À bientôt avec joie, sur les chemins du feu, de la terre, de l’eau et de l’air.

Angela

LES 8 SHIELDS, OUTILS DE CONNEXION À LA NATURE DES PEUPLES PREMIERS

Par Angela Soissong, le 12 septembre 2024

LE RÔLE D’UNE CULTURE : CONNECTER L’INDIVIDU À LUI-MÊME

Une culture saine devrait permettre à chaque individu de se connecter profondément à lui-même, de se demander « Qui suis-je ? », ou « quelle est ma place ? » et de trouver des réponses à ces question. 

Une culture saine devrait permettre à chaque individu de se connecter profondément à ses dons et à ceux de l’ensemble du vivant pour pouvoir trouver sa juste place dans la trame du vivant et pour pouvoir contribuer au monde à partir de ses dons particuliers. Aussi, tout un chacun a besoin d’être vu, reconnu, accueilli, soutenu, accompagné par la communauté des humains. Dans une culture saine, des rites de passage basés sur les cycles du vivant accompagnent les grandes étapes de la vie, tant dans la croissance physique, émotionnelle que spirituelle de chacun, et répondent à ces besoins d’être vu et reconnu. Le « mentorat » a lieu naturellement chez les peuples premiers : chaque individu contribue à conserver la culture, à accompagner les générations suivantes, à nourrir la paix, à transmettre les éléments nécessaires à la croissance et à l’épanouissement complets de chacun

Dans une telle culture, chaque individu a la possibilité de se connecter profondément à la nature, qui est l’enseignante et livre les réponses aux quêtes de chacun. 

De ces trois réseaux de connexion, à soi, à la nature et aux autres, peut naître la paix individuelle et collective. Une parole hawaïenne dit que la santé du paysage provient de l’équilibre à l’intérieur et entre les humains. La santé humaine et celle de la nature sont inextricablement liées. Les 8 Shields, inspirés des peuples premiers, visent à restaurer une culture saine et en paix. 

ORIGINE DES 8 SHIELDS : DE STALKING WOLF À JON YOUNG

Stalking Wolf est né dans le Sud-Ouest des Etats-Unis parmi le peuple Apache, en 1873, pendant la colonisation. Grâce à cet enfant, aujourd’hui, des milliers de personnes oeuvrent localement à restaurer la culture. Stalking Wolf a été élevé parmi un petit groupe d’Apaches qui a décidé de ne pas se soumettre et qui a vécu caché dans la nature, de manière à conserver ses savoirs et à les transmettre aux générations futures. Stalking Wolf a eu très jeune des dispositions particulières : l’enfant a pu suivre un loup et le caresser pendant son sommeil sans que le loup ne s’en aperçoive. D’où son nom de Stalking Wolf : « celui qui suit les loups ». 

Cet enfant devenu adulte, initié pour devenir homme médecine et « éclaireur » de sa tribu, a sillonné le continent américain, de l’extrême Nord jusqu’à la pointe Sud, pendant 60 ans, pour y récolter l’ensemble des savoirs ancestraux, pour y distiller ses enseignements et ses spiritualités, pour trouver les points communs à toutes ces cultures. 

Il a ensuite initié un américain, Tom Brown, qui à son tour a initié Jon Young.

Jon Young, devenu adulte, avait la conscience sensorielle d’un indigène mais vivait dans la société moderne. Clivé par cette double culture, il est devenu anthropologue et a étudié de nombreux peuples premiers, il a voyagé à travers le monde en Australie, en Afrique, à Hawaï, en Amérique, pour transmettre l’art du mentorat auquel lui-même avait été initié. Il s’est fait mentorer par Ingwe qui l’a mis en lien avec la culture Akamba au Kenya, et par différents « Anciens » porteurs d’éléments de culture issus de leurs peuples respectifs : Gilbert Walking Bull, ainé Lakota, Jake et Judy Swamp, ainés Mohawk, Paul Raphaël, ainé Odawa. Il s’est demandé pourquoi certains peuples étaient profondément connectés à la nature et d’autres non ? Qu’est-ce qui était à l’oeuvre ? Qu’est-ce que c’était que la connexion ? 

Il a constaté que tous ces peuples premiers utilisaient quotidiennement les mêmes routines de connexion à la nature, bien qu’avec des couleurs et des cosmogonies différentes. Il a rassemblé toutes ces pratiques et les a théorisées au sein du modèle des 8 Shields (8 blasons), qu’il transmet au sein de la Wilderness Awarness School. 

LES 8 SHIELDS AUJOURD’HUI

Aujourd’hui, les gens initiés aux 8 Shields tâchent, chacun avec ses couleurs, d’oeuvrer à restaurer notre culture moderne, pour la réenraciner dans les cycles et les rythmes de la nature et pour recréer les conditions de la connexion profonde à soi, à la nature et aux humains. Pour que chacun puisse comprendre quels sont ses dons et puisse contribuer au monde depuis une place de paix et de cohérence avec tout le vivant. 

LES OUTILS EN PRATIQUE

En pratique, les outils des 8 Shields sont la gratitude, la place médecine ou sit spotl’errance, l‘expansion sensorielle, les formes animales, le pistage et l’art du questionnement, le partage des histoires, les arts ancestraux et les compétences de survie, le langage des oiseaux… Et se doivent d’être expérimentés pour pouvoir goûter à ce que c’est que d’être profondément connecté à soi-même, aux autres et à la nature. Pour pouvoir s’inscrire à son tour dans un cercle vertueux au service d’une culture qui vienne de la nature

PROCHAIN CYCLE DE STAGES 8 SHIELDS

Prochain cycle de stages nourri des pratiques des 8 Shields : « Les Chemins Sacrés : rencontre avec le chamanisme universel », co-animé par Marion Rebérat et Angela Soissong, formée aux 8 Shields. Toutes les infos ici : https://www.terre-happy-universelle.fr/rencontre-avec-le-chamanisme-universel (site de Marion Rebérat) ou là : https://lombelle.wordpress.com/stages-2/ (site de Angela Soissong).

REMERCIEMENTS

Un merci tout particulier à Norbert Fond pour son accompagnement dans l’écriture de cet article et pour son investissement dans la transmission de la culture 8 Shields.

Bonne rentrée !


En cette fin d’été, avant de vous présenter le programme de la rentrée de L’Ombelle, j’aimerais vous partager un peu de l’intensité de ma traversée estivale.

J’ai passé quasiment 5 semaines dans les bois, sous un tarp ou à la belle étoile, dans des immersions et transmissions aux couleurs variées : familiales, tantriques, entre adultes autour des routines de connexion à la nature des peuples racines (8 Shields). 

Notamment, j’ai été très touchée par mes immersions forestières en famille, d’une simplicité extrême, rythmées par la cuisine sur le feu, les veillées contées – chantées, l’artisanat autour de matières végétales et animales naturelles, le jeu, le quotidien de la vaisselle et de la toilette à la rivière. Ces vécus m’ont rappelé mes voyages de jeunesse en Amazonie péruvienne.  

Il y a quelque chose de si simple dans la vie en tribu en forêt. Les enfants font leur vie dans les bois, parfois apparaissent pour observer nos artisanats, l’allumage du feu, la vie des adultes, s’essaient à la cuisine d’un dessert sur le feu, prêtent leurs mains pour tendre une peau de bête, cassent quelques morceaux de silex, cousent le fourreau en cuir de couteau qu’ils se sont confectionné, scient ou poncent de l’os ou du bois pour se faire un hameçon, participent aux repas quotidiens… Du coup, les adultes ont du temps pour eux, se réjouissent quand les enfants apparaissent au gré de leurs besoins, et les rythmes et les énergies sont régulés naturellement par celui du soleil qui se lève et se couche quotidiennement, et par l’espace de la forêt sans limites. 
Je garde l’image d’une immense douceur de ces expériences, une saveur de simplicité qui nourrit mes idéaux. C’était comme une image d’un futur à construire.
Je garde, par exemple, l’image de cette femme qui a passé tellement d’heures à gratter ses peaux de renne, à les tanner, à les assouplir, à les coudre, que quand elle a revêtu son manteau, il lui a semblé être ce renne ! La connexion à la nature se déploie fortement à travers les gestes ancestraux et la transformation de la matière brute.  

Je garde aussi ces temps d’errance, en cueillette de matières à manger ou à travailler. Des espaces pour quitter le « village », et pour offrir une régulation juste et naturelle à son système nerveux, entre ses besoins de vie sociale et ses besoins de ressourcement dans la forêt. 

Je garde le plaisir et la grande joie d’avoir enfin fait ma première braise et d’avoir allumé plusieurs feux à l’archet ! Aussi, parmi les participants, des gens qui ont fait le choix de vivre dans les bois ! Les rencontres, autour de l’artisanat et des tâches de la vie quotidienne dans la forêt, se font dans une simplicité lumineuse. Les dons de chacun se dévoilent peu à peu, l’entraide et le partage sont de mise. Je retrouve le plaisir savoureux de l’artisanat. Donner à mes mains des textures à transformer, à ma créativité des champs de mise en oeuvre dans la matière brute. 

Le fait d’apprendre à se débrouiller dans la forêt, à monter son abri, à vivre sans savon ni brosse à dents, sans papier toilette, avec des outils rudimentaires, permet de se reconnecter à la source de son autonomie, de retrouver les chemins des savoir-faire. Ça vient nourrir une confiance profonde en soi et en la vie. 
Tous les outils de connexion à la nature des peuples racines, dans la forêt, se déploient naturellement, et un grand calme règne sur chaque participant de l’aventure. On prend soin de nos corps, de nos âmes, de nos coeurs. 

Autre lieu, autre décor. J’ai été envoyée en quête de vision. La nuit, la forêt, le dénuement du confort matériel. Le froid, les bruits d’animaux nocturnes, l’inconfort. Les peurs qui se réveillent la nuit dans la forêt. Mais là aussi, une grande douceur qui m’a été offerte. Les arbres qui offrent refuge. L’herbe tendre d’une clairière. La douceur de la température nocturne. Les étoiles et la lueur de la lune, un ciel dégagé. La sensualité des éléments. Mes frères et soeurs animaux, végétaux, minéraux, qui veillent sur moi. La terre qui me porte. Et quand le disque solaire s’est levé, l’accueil chaleureux de la tribu au village. Les histoires partagées, les chants de célébration, des brochettes de fruits délicieux, le feu qui a été alimenté pour nous accompagner toute la nuit. La joie profonde d’être vivant. La guérison que procure le fait d’être accueilli si pleinement dans la communauté.  

Aujourd’hui, je me sens très inspirée par ces expériences pour nourrir mes propositions futures autour de la connexion à la nature. Certaines sont mûres, d’autres vont germer encore dans les mois à venir, avec notamment des envies de chants partagés, d’artisanat, et d’immersions en nature. 
Je vous présente ici les prochains pas de L’Ombelle :  

Familles des bois : une journée de connexion à la nature pour les familles, un mercredi par mois à Lasalle ou alentours : des temps de jeux, de chants, de partages, d’artisanat, d’exploration, de cueillette, de rencontre avec la forêt et ses habitants. 

Les goûters de la connexion : les jeudis à 17h à Lasalle, un temps parents-enfants (les adultes sans enfants sont autorisés aussi !) pour partager un goûter, des chants, des jeux collectifs. Pour nourrir chaque semaine les routines de connexion à la nature des peuples racines, la joie et le partage. 

Ateliers Tantra : 

Atelier Tantra mixte au Pompidou (lieu-dit Mazilhou) le 21 septembre 

AteliersTantra Femmes : cycle de trois séances mensuelles d’octobre à décembre à St Hippolyte du Fort 

Ateliers Tantra mixte : cycle de trois séances mensuelles d’octobre à décembre à St Hippolyte du Fort 

Cycle de stages « Les Chemins sacrés » : Co-animé avec la femme médecine Marion Rebérat : cinq week-ends dans l’année pour rencontrer et diéter des plantes, pour recevoir leurs médecines, pour rencontrer à chaque fois un élément et traverser un rite de passage. Cinq week-ends pour nourrir sa connexion à soi, au vivant, aux autres. Pour nourrir sa croissance physique, émotionnelle, spirituelle. Pour nourrir l’Amour. Ce cycle permettra la rencontre de mes enseignements en tantra, en approche sensible des plantes et en outils de connexion à la nature des peuples racines, accompagnés des savoir-faire de Marion Rebérat. 

Pour répondre à vos questions à propos de ce cycle de stages et pour vous le présenter de vive voix, nous vous proposons de nous rejoindre mardi 3 septembre à 20h30 Marion et moi, le temps d’un zoom, en suivant ce lien de connexion : https://us04web.zoom.us/j/8085559954?pwd=aaT84AwRSDtRTB4f9bYWOntOasTZ4R.1.  
Vous retrouverez les informations détaillées pour toutes les propositions de L’Ombelle en suivant ce lien : En savoir plus… 

Avec grande joie toujours de vous retrouver pour partager ce qui m’anime.  

Je vous partage aussi ma gratitude pour la vie qui réserve toujours des surprises là où on ne les attend pas, pour la rivière, pour les paysages d’été magnifiques, pour la vie qui circule et cherche ses équilibres en permanence. 

Je vous souhaite une fin d’été et une rentrée douces et sereines ! 
Angela

Angela Soissong
Association L’Ombelle
30460 Lasalle
06 25 54 31 91 
asso.lombelle@gmail.com
https://lombelle.wordpress.com/
FB : L’Ombelle

Retour sur l’Autogéré Tantra vert du Cap de la Terre

Quand le Tantra revient à ses sources de Connexion à la Nature.

Quand les sens en fête célèbrent et honorent le miracle de la Vie.

Étendre le champ de nos relations.

Le mélange des corps, d’écorces, de rivière et de lumières, de galets, d’arbres et de reflets, de peaux, de matières et d’esprits.

Mélange de soleil, d’un grand platane, de rires et de repas divins,

de massages forestiers, de créativité et d’expression, d’authenticité, d’ancrage et de connexion qui s’enracinent petit à petit.

Mélange de grillons omniprésents, d’intelligences à l’œuvre, de relations qui se tissent.

Accueillir le mouvement de la vie qui circule.

Le paradis, c’est ici et maintenant.

Un immense merci à tous les aventurier.e.s qui ont participé à ce magnifique et joyeux laboratoire de la nature humaine et non-humaine lors de l’Autogéré Tantra vert du Cap de la Terre.

Crédits photos : Céline Rouvière, Meyriem Cornély, Séverine Muller.