Bonne rentrée !

En cette fin d’été, avant de vous présenter le programme de la rentrée de L’Ombelle, j’aimerais vous partager un peu de l’intensité de ma traversée estivale.

J’ai passé quasiment 5 semaines dans les bois, sous un tarp ou à la belle étoile, dans des immersions et transmissions aux couleurs variées : familiales, tantriques, entre adultes autour des routines de connexion à la nature des peuples racines (8 Shields). 

Notamment, j’ai été très touchée par mes immersions forestières en famille, d’une simplicité extrême, rythmées par la cuisine sur le feu, les veillées contées – chantées, l’artisanat autour de matières végétales et animales naturelles, le jeu, le quotidien de la vaisselle et de la toilette à la rivière. Ces vécus m’ont rappelé mes voyages de jeunesse en Amazonie péruvienne.  

Il y a quelque chose de si simple dans la vie en tribu en forêt. Les enfants font leur vie dans les bois, parfois apparaissent pour observer nos artisanats, l’allumage du feu, la vie des adultes, s’essaient à la cuisine d’un dessert sur le feu, prêtent leurs mains pour tendre une peau de bête, cassent quelques morceaux de silex, cousent le fourreau en cuir de couteau qu’ils se sont confectionné, scient ou poncent de l’os ou du bois pour se faire un hameçon, participent aux repas quotidiens… Du coup, les adultes ont du temps pour eux, se réjouissent quand les enfants apparaissent au gré de leurs besoins, et les rythmes et les énergies sont régulés naturellement par celui du soleil qui se lève et se couche quotidiennement, et par l’espace de la forêt sans limites. 


Je garde l’image d’une immense douceur de ces expériences, une saveur de simplicité qui nourrit mes idéaux. C’était comme une image d’un futur à construire.
Je garde, par exemple, l’image de cette femme qui a passé tellement d’heures à gratter ses peaux de renne, à les tanner, à les assouplir, à les coudre, que quand elle a revêtu son manteau, il lui a semblé être ce renne ! La connexion à la nature se déploie fortement à travers les gestes ancestraux et la transformation de la matière brute.  

Je garde aussi ces temps d’errance, en cueillette de matières à manger ou à travailler. Des espaces pour quitter le « village », et pour offrir une régulation juste et naturelle à son système nerveux, entre ses besoins de vie sociale et ses besoins de ressourcement dans la forêt. 

Je garde le plaisir et la grande joie d’avoir enfin fait ma première braise et d’avoir allumé plusieurs feux à l’archet ! Aussi, parmi les participants, des gens qui ont fait le choix de vivre dans les bois ! Les rencontres, autour de l’artisanat et des tâches de la vie quotidienne dans la forêt, se font dans une simplicité lumineuse. Les dons de chacun se dévoilent peu à peu, l’entraide et le partage sont de mise. Je retrouve le plaisir savoureux de l’artisanat. Donner à mes mains des textures à transformer, à ma créativité des champs de mise en oeuvre dans la matière brute. 

Le fait d’apprendre à se débrouiller dans la forêt, à monter son abri, à vivre sans savon ni brosse à dents, sans papier toilette, avec des outils rudimentaires, permet de se reconnecter à la source de son autonomie, de retrouver les chemins des savoir-faire. Ça vient nourrir une confiance profonde en soi et en la vie.

 

Tous les outils de connexion à la nature des peuples racines, dans la forêt, se déploient naturellement, et un grand calme règne sur chaque participant de l’aventure. On prend soin de nos corps, de nos âmes, de nos coeurs. 

Autre lieu, autre décor. J’ai été envoyée en quête de vision. La nuit, la forêt, le dénuement du confort matériel. Le froid, les bruits d’animaux nocturnes, l’inconfort. Les peurs qui se réveillent la nuit dans la forêt. Mais là aussi, une grande douceur qui m’a été offerte. Les arbres qui offrent refuge. L’herbe tendre d’une clairière. La douceur de la température nocturne. Les étoiles et la lueur de la lune, un ciel dégagé. La sensualité des éléments. Mes frères et soeurs animaux, végétaux, minéraux, qui veillent sur moi. La terre qui me porte. Et quand le disque solaire s’est levé, l’accueil chaleureux de la tribu au village. Les histoires partagées, les chants de célébration, des brochettes de fruits délicieux, le feu qui a été alimenté pour nous accompagner toute la nuit. La joie profonde d’être vivant. La guérison que procure le fait d’être accueilli si pleinement dans la communauté.  

Aujourd’hui, je me sens très inspirée par ces expériences pour nourrir mes propositions futures autour de la connexion à la nature. Certaines sont mûres, d’autres vont germer encore dans les mois à venir, avec notamment des envies de chants partagés, d’artisanat, et d’immersions en nature. 




Avec grande joie toujours de vous retrouver pour partager ce qui m’anime.  

Je vous partage aussi ma gratitude pour la vie qui réserve toujours des surprises là où on ne les attend pas, pour la rivière, pour les paysages d’été magnifiques, pour la vie qui circule et cherche ses équilibres en permanence. 

Je vous souhaite une fin d’été et une rentrée douces et sereines ! 


Angela


Retour sur l’Autogéré Tantra vert du Cap de la Terre

Quand le Tantra revient à ses sources de Connexion à la Nature.

Quand les sens en fête célèbrent et honorent le miracle de la Vie.

Étendre le champ de nos relations.

Le mélange des corps, d’écorces, de rivière et de lumières, de galets, d’arbres et de reflets, de peaux, de matières et d’esprits.

Mélange de soleil, d’un grand platane, de rires et de repas divins,

de massages forestiers, de créativité et d’expression, d’authenticité, d’ancrage et de connexion qui s’enracinent petit à petit.

Mélange de grillons omniprésents, d’intelligences à l’œuvre, de relations qui se tissent.

Accueillir le mouvement de la vie qui circule.

Le paradis, c’est ici et maintenant.

Un immense merci à tous les aventurier.e.s qui ont participé à ce magnifique et joyeux laboratoire de la nature humaine et non-humaine lors de l’Autogéré Tantra vert du Cap de la Terre.

Crédits photos : Céline Rouvière, Meyriem Cornély, Séverine Muller.

Rencontre avec le chamanisme universel

Mes apports pour ce cycle de stages

« L’opposition entre perception objective extérieure et monde conceptuel intérieur ne dure pour l’homme que tant qu’il ne reconnaît pas que ces deux mondes n’en font qu’un. » Rudolph Steiner. 

Ce que j’apporte dans ce cycle de formation, c’est ma connaissance spirituelle incarnée dans le corps, dans les sens, et dans la nature elle-même ; et des outils pour que chacun puisse ancrer la connexion et la paix intérieure dans sa vie. 

  • Je partirai d’outils de connexion à la nature des peuples premiers (« 8 shields ») : la place médecine, le pistage animalier, l’errance, le pistage intérieur, le chant et la danse, le partage d’histoires, l’expansion sensorielle, les arts ancestraux – faire du feu à l’archet, récolter des fibres végétales, cueillir et transformer des plantes…

Ces outils nous permettront de tisser des cordes de connexion de plus en plus nombreuses et épaisses avec tout le vivant. De là, l’état de révérence, de joie, de paix intérieure et d’amour profond, et le sentiment de « faire partie », d’« être » la nature, peuvent émerger. La communication peut s’établir. 

De là aussi, nous pourrons réassocier naturalisme et chamanisme. Chez les peuples premiers, les anthropologues ont vu des rapports entre le chamane et des entités « surnaturelles », sans voir que la magie prenait corps dans la nature elle-même. Ce qui est magique, mystérieux, puissant, ne pouvait appartenir qu’à une dimension surnaturelle, non physique, « au-dessus » de la nature, dès lors que l’on considère la nature comme un simple décor, une juxtaposition d’objets sans âmes. « Et pourtant, (…) les puissances et les entités profondément mystérieuses avec lesquelles les chamans entrent en rapport ne sont autres que ces mêmes forces – ces mêmes plantes, animaux, forêts et vents (…) »1. Donc la nature elle-même. 

Ces routines de connexion des peuples racines prennent corps dans la roue médecine, ancrage dans les cycles du vivant. Partir en cérémonie, ou en rituel de passage, permet dans cette roue de retracer et d’entrelacer les chemins du deuil et du renouveau pour assurer nos croissances tant physique, émotionnelle que spirituelle. 

La pratique de ces routines de connexion peut permettre à la nature de retrouver sa place d’enseignante, et à la communauté de reprendre son rôle de soutien profond. De là, chacun peut se reconnecter à ses dons et contribuer au monde à partir d’une place juste et en harmonie avec tout le vivant. 

  • L’approche goethéenne des plantes, des éléments, et de tout le vivant, quant à elle, a été initiée par le poète et naturaliste Johann Wolfgang von Goethe. Ce dernier, à l’ère où l’on étiquetait, objectivait et classifiait tout le vivant, s’est rendu compte que l’on perdait la relation avec le vivant. Il a alors créé uneméthode d’observation qui part de tout ce que l’on peut observer, sentir et ressentir d’un être vivant, pour petit à petit se frayer un chemin vers la rencontre de l’esprit de cet être. Son objectif étant que chacun puisse redevenir son propre homme médecine et revenir à une communication directe entre les humains et les différents règnes de la nature, mais à partir d’une méthode scientifique qui pourrait être accueillie par ses contemporains. Il s’agit de réapprendre à déchiffrer le langage de la nature. Goethe nous dit  : « Rien n’est dedans, rien n’est dehors, car ce qui est dedans est dehors », et nous accompagne dans le déchiffrage des formes, des couleurs, des odeurs, pour nous permettre d’accéder au « génie » des plantes, des éléments et des êtres vivants.
  • Le Tantra nous emmène sur les mêmes voies : à travers différentes pratiques, à travers le regard et le toucher conscients, Shiva explique à Shakti comment atteindre l’éveil spirituel. Je peux petit à petit faire de l’espace dans mes cellules, y amener une détente profonde, y amener l’amour, pour pouvoir accueillir l’intensité de mes émotions et de la vie. 
  • À coté de ça, j’ai étudié le Body Mind Centering (BMC), la danse contact impro, la litterature, le chant, la géobiologie, la phytothérapie, l’ethnobotanique et la botanique, j’ai été productrice et cueilleuse de plantes. J’apporte toute la palette de mes expériences d’être au monde pour colorer ce cycle de stages.

« Nous nous éprouvons faits de terre, d’air, d’eau et de lumière. Nous sommes le vivant, prolongement du dedans dehors, et du dehors dedans. Nul n’est centre, et chacun a une place. Entre la chair de l’homme et la chair du monde, nulle rupture, mais une continuité sensorielle de chaque instant. Ouvrant le passage à l’ancien savoir qui nous habite, à une danse d’avant le langage, d’avant la première phrase, émerge un duo intime avec notre condition d’être vivant, dont le cycle de vie et de mort fait partie. Du silence, la poésie peut naître et rendre hommage ». Alex Guex

1David Abram, extrait de « Comment la terre s’est tue, pour une écologie des sens », éd La découverte

Crédits photos : Céline Rouvière

Beltaine

Connexions. 

Du fond de nos solitudes, où trouver la reliance ? Comment la tisser ? Comment la déployer lentement pour qu’elle s’enracine en nous ? Comment peut-on en être pleinement à la source ? 

« Mitakuye Oyasin » disent les Lakotas: je suis toutes mes relations. 

Dans le mouvement des 8 Shields, nourri des sagesses des peuples premiers, nous sommes invités à pister les traces des animaux dans la nature. À rencontrer l’érable, le tilleul, la rose, le chevreuil, le blaireau, la terre, l’oiseau, l’eau, le feu, le vent, la pluie…, à goûter et déguster chaque goût, chaque odeur, chaque texture, chaque son, chaque sensation que peut nous offrir notre corps sentant pour nous relier au vivant. C’est la même invitation que dans le tantra. Apprécier, honorer, rencontrer chaque être vivant. 

Étendre le champ de nos relations au plus vaste, pour petit à petit savoir qui je suis, pour trouver ma place juste dans ce grand ensemble harmonieux, pour apprécier l’existence de chaque parcelle du vivant. Des profondes racines jusqu’aux planètes, en passant par les humains, les animaux, les végétaux, les éléments, les micro-organismes, bactéries, champignons, et tout ce que le vivant nous offre à appréhender. 

Avec Beltaine, célébré le 1er mai chez les Celtes, et le mois de mai si luxuriant qui s’ouvre devant nous, toute la terre est prise par ce mouvement d’ « expiration », ce mouvement d’expansion vers le ciel, vers la rencontre, vers l’extérieur. Alors joignons nos souffles à celui de la terre pour étendre le champ de nos relations et nous relier de plus en plus, nous exprimer de plus en plus, offrir nos fruits et nos dons au monde, nourris de toutes nos relations. 

#Beltaine #reliance #mitakuye oyasin #8 shields #source #celtes #tantra

Fêtes du printemps et propositions colorées

Joyeuses Pâques !

Avec un peu de retard, je vous souhaite de joyeuses Pâques !  

Je vous partage un peu de mon enthousiasme à propos de cette date de Pâques. 
La fête de Pâques est située le dimanche qui suit la première pleine lune après l’équinoxe de printemps. Fait étrange d’attribuer une date mobile dans le calendrier, à un événement historique censé ne s’être déroulé qu’une seule fois et à une date fixe !  

Le choix de cette date, intervenu au concile de Nicée en l’an 325, est d’après Rudolph Steiner, l’expression macrocosmique d’une antique sagesse astronomique, et d’une très ancienne expérience initiatique. 

Il s’agit d’un moment où s’exprime un certain rapport de forces entre le soleil, la terre et la lune. La date de Pâques est fixée du point de vue astronomique, à l’instant où le soleil traverse l’équateur céleste, et après que la lune ait été pleine. Il faut en plus attendre le dimanche, le 7e jour planétaire, dédié au soleil. Pour ce qui est de l’initiation des Mystères à laquelle se réfère cette date, cela consistait pour l’homme à transporter son corps éthérique dans le cosmos, et devenir ainsi porteur des forces de la lune et du soleil.  

On fête le printemps, la terre qui recommence à exhaler son âme dans le cosmos, et le jaillissement du renouveau, qui assure à l’homme que la terre est encore disposée à le porter pendant longtemps.

Avec la fête de Pâques, l’homme s’unit à la force des astres. Et l’on peut se rappeler avec ça qu’avant 1564, le nouvel an était fêté au printemps.  En espérant que ces considérations pourront redonner du sens aux fêtes calendaires traditionnelles dont on a oublié l’origine, et que cela nous aiguillera pour aligner nos respirations sur celles de la terre et de l’univers !  

Ceci étant dit, je vous partage ici les nouvelles du printemps ! 

– Tonkachila, spectacle conte et musique, le dimanche 14 avril à St Hippolyte du Fort, par Léo Poncelet
– Tantra, initiation et pratique, cycle de trois ateliers mensuels à St Hippolyte du Fort : 16 avril ; 7 mai et 4 juin. Avec Angela Soissong
– Rencontre sensible des plantes, 20 et 21 avril 2024 à Ste Croix Vallée française, avec Angela Soissong
– CorpSages : tantra et connexion à la nature, 17 au 20 mai 2024 à Ste Croix VF, avec Léo Poncelet et Angela Soissong
– Atelier approche sensible des plantes : au Festival Mère Nature, 24 au 26 mai à St Julien de la Nef. Avec Angela Soissong.
– Familles des bois, prochaine date à Lasalle : 1er mai. Avec Angela Soissong 

Au plaisir de vous y rencontrer !

Angela

Bibliographie : Elisabeth Vreede, Le Ciel des Dieux, éditions Triades


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