
Dans cette lettre, j’aimerais vous partager quelques couleurs de ma dernière immersion en nature, dans le froid et la limpidité des hauteurs jurassiennes.
Je plante le décor : Nouvel an 2026, col du Marchairuz, 1500m d’altitude, Jura Suisse. En immersion sauvage et tribale hivernale sous les bons auspices des extraordinaires Pâris et Cancan de Vie sauvage. Il doit faire autour de -5/-10° : les hommes ont des glaçons dans les moustaches.

On dort à la belle étoile. La vie sauvage, dans son plus simple appareil, au cœur de l’hiver. Chaque geste compte au creux du froid. La neige scintille sous la pleine lune. La nature offre un émerveillement de chaque instant.
Cinq jours hors du temps comme aux sommets du monde. Cinq jours de présence et de hauteur, d’arrêt sur image, de vie pure. La joie de dormir tout contre la terre, d’être lovée parmi les éléments.
La richesse et la sensualité des matières que je touche quotidiennement : la neige pour se laver les mains, la mousse en guise de gant de toilette, le bois ou la pierre chaude pour se réchauffer, une peau de mouton pour s’isoler, des branches d’épicéa en guise de tapis sous nos fesses, l’air pur sur nos peaux. Une richesse de textures, d’odeurs, de sensations, de beauté, de vie, qu’est loin d’offrir notre monde urbanisé et qui m’entoure comme une matrice bienveillante et chaleureuse, en dépit du froid qui nous étreint.
La vie simple de la forêt hivernale : dépecer un blaireau ramassé au bord de la route, tanner sa peau à l’aide de sa cervelle et à l’aide d’écorces tanniques. La chair à nu. Remettre la mort au cœur du vivant dans la vie quotidienne.
La main de l’Homme peut-elle toucher pour embellir, magnifier, transformer, honorer les dons de la terre ? Peut-on transformer ce qui s’offre à nous en donnant tout autant qu’on reçoit ? Peut-on, enfin, collaborer avec le vivant ?
Comment conserver la qualité du sauvage dans nos objets manufacturés ?

Faire du feu : la base. Pour manger, cuisiner, se réchauffer, faire fondre la neige pour avoir de l’eau. Chercher du bois, faire tourner sa drille à l’aide d’un l’archet, confectionner un nid pour recueillir une braise, faire naître la flamme du bout des doigts. Répéter des gestes pluri-millénaires pour être traversé dans son corps par des mémoires anciennes.

Monter le campement. Une litière d’épicéa, des perches pour le tipi, le feu : ça y est, nous sommes chez nous.
La montagne, dans bien des cultures, est le domaine réservé des Dieux : la civilisation, vue d’en haut, paraît bien insignifiante. Là-haut, nous sommes imprégnés du cri du grand corbeau, de la blancheur de la neige, de la lueur de la lune, de la chaleur du feu. N’est-ce pas là, dans cette pureté et ce dépouillement qui nous habillent, la nourriture des Dieux ?

Il n’y a pas de corvées dans la vie tribale sauvage : tout est prétexte à émerveillement. Recueillir de la neige pour avoir de l’eau permet de se recueillir devant son scintillement. Chercher du bois est prétexte à une balade pour se réchauffer et s’offrir la beauté des paysages traversés. Tanner une peau est une rencontre sensuelle avec une multitude de textures et d’odeurs.
Tout travail réalisé collectivement, en chansons et dans le partage, met du baume dans les cœurs.
Je peux goûter à la sensation particulière de « Faire partie » : je ne me sens non pas séparée, mais reliée à toute la trame du vivant. Et traversée par ces liens, profondément vivante.

Pas d’écrans : pas d’écran entre soi et le monde.
Pas de montre : pas de temps qui presse, mais une continuité pleine et vaste. Cuisiner quand la faim se fait sentir, préparer son campement quand la nuit tombe, prendre soin de ses besoins individuels avec la confiance que le collectif veille sur chacun et que chacun veille sur le collectif. La contemplation de la course du soleil en guise d’horloge et le temps qui s’étire dans la douceur de la présence.
Les dons de chacun·e se révèlent au fil des jours. La vie sauvage demande tellement de polyvalence qu’il y a la place pour toutes les qualités !
Charpente, boucherie, chant, danse, théâtre, écriture, sculpture, gestion de la vie communautaire, couture, poterie, cuisine, vannerie… Mettre au centre l’épanouissement de chacun, plutôt que la productivité.
Encore une fois, l’impression de vivre comme une image du futur : dans le temps profond, le mode de vie chasseur-cueilleur comprend une grande partie de la vie de l’humanité.
Comment s’inspirer de cette manière d’être au monde pour retrouver ce « faire partie de la nature », cette évidence, ce plein, cette présence ? Ce goût du temps naturel, de la « vraie vie ». Une saveur de pureté d’Être.
C’est pleine de ce ressourcement profond et de ces recherches inscrites dans mon corps que je vous partage mes vœux pour 2026 :
Je vous souhaite de garder vos cœurs purs, de vous relier à la nature, de vous épanouir pleinement, d’offrir vos dons au monde, de donner et de recevoir dans un mouvement équilibré, d’honorer votre humanité, d’être pleinement présents, l’esprit tranquille, et emplis d’une joie profonde.
Je vous souhaite de ressentir le fait de faire partie de la nature, de cultiver le soin de la vie sous toutes ses formes, d’être pleinement traversés par une vie vibrante d’amour.

Je vous partage ici un programme d’activités dont le fondement est ma soif de partager ces élans, ces sensations, ce goût de faire partie de la nature, une profonde révérence envers la vie et le fait de cultiver l’esprit tranquille et la vastitude de l’Être.
Programme d’activités 2026
Immersions sauvages
Être printemps : de plantes et d’oiseaux, immersion sauvage printanière
Drôme – 4 jours/3 nuits – 22 au 24 mai 2026 (we de Pentecôte)
Une invitation à se relier aux rythmes du vivant, à respirer avec la terre, à célébrer la puissance de vie qui nous traverse en même temps qu’elle traverse la nature.
Avec Irene Alvarez, accompagnatice en montagne, nous vous proposons une immersion pour développer nos liens aux plantes, aux oiseaux, au vivant, et vivre une expérience de vie sauvage en relation avec le jaillissement du printemps. Dehors en permanence, pour cuisiner sur le feu, cueillir, apprendre, marcher, jouer.
Rejoignez-nous en visio le 29 janvier à 20h ou le 22 avril à 20h, au choix, pour nous rencontrer et avoir un avant-goût de nos stages de vie sauvage co-animés avec Irene. Inscrivez-vous ici pour recevoir le lien de connexion.

Vivants parmi les vivants : Vie sauvage et exploration corporelle
Drôme – 6 jours/5 nuits – 5 au 10 juillet 2026
Plongez dans l’art de la vie sauvage. Un territoire à parcourir à la manière des animaux qui l’habitent, une tribu faite d’humains et d’autres êtres vivants à rencontrer, des paysages intérieurs et extérieurs à visiter et des expériences simples mais profondes à vivre.
Une immersion co-animée avec Irene Alvarez.
Rejoignez-nous en visio le 29 janvier à 20h ou le 22 avril à 20h, au choix, pour nous rencontrer et avoir un avant-goût de nos stages de vie sauvage co-animés avec Irene. Inscrivez-vous ici pour recevoir le lien de connexion.

Tantra

Atelier découverte Tantra
Le mardi 13 janvier 2026 de 18h à 20h à Saint-Hippolyte du Fort
Un atelier tout doux de 2h pour découvrir la pratique du tantra.
Cycle d’ateliers Tantra, Initiation et pratique
Les 27 janvier, 10 février et 10 mars de 16h à minuit à Saint-Hippolyte du Fort
Un cycle de trois ateliers pour plonger dans la pratique du tantra.
Les ateliers sont généralement divisés en 2 temps : un premier temps de pratiques d’ancrage, de connexion et autour de la notion de consentement, puis un temps de massage tantrique.
Un engagement est demandé sur les trois séances du cycle.
Massages tantriques d’inspiration cachemirienne
Vous pouvez aussi venir recevoir un massage tantrique à Saint Hippolyte du Fort, à l’espace La Source.

Massage tantrique
Le massage tantrique inspiré de la tradition tantrique de la région du Cachemire en Inde, c’est le prolongement de « Tandava », la danse shivaïte de la totalité. C’est une méditation du toucher, qui se veut dans une présence pleine. Il informe nos cellules de tout l’amour dont on a pu manquer, restaure notre « plein » et ouvre nos cœurs à travers un toucher lent et subtil. Il « fait de l’espace » dans nos organes, dans nos cellules, dans nos corps pour y laisser couler le mouvement de la vie, il nous accompagne pour devenir assez « vastes » pour accueillir nos émotions et toute l’intensité de nos existences.
Ce massage à l’huile s’adresse au corps entier, dans le but de retrouver l’unité, dans nos corps et avec nos vies.
Massage tantrique avec voyage sonore
Ce massage tantrique est le même que le massage tantrique inspiré de la tradition cachemirienne décrit ci-dessus, mais avec un voyage sonore en prime : cela permet d’associer aux vibrations du toucher celles de la voix et du son : un espace sacré d’une couleur différente s’ouvre pour agrandir encore les espaces de guérison visités en soi. La voix est pour moi porteuse d’une profondeur et d’une intimité uniques, support de l’Esprit, puissante, nourrissante et guérisseuse.
Atelier Initiation Tantra pour les couples
Initiation Tantra couples – atelier découverte
Un atelier de 4h pour découvrir le tantra, établir une connexion profonde au sein du couple et apprendre les mouvements et gestes du massage tantrique.
Initiation Tantra couples – approfondissement
Un atelier de 4h pour apprendre les gestes et les mouvements du massage tantrique cachemirien.
En vous partageant ma gratitude pour la neige, pour l’hiver, pour le sauvage, pour la vie, pour l’écho de la montagne dans la limpidité de l’eau de la rivière.
Chaleureusement,
Angela

Crédits photos : Irene Alvarez, Cancan Huang, Angela Soissong