Mes apports pour ce cycle de stages
« L’opposition entre perception objective extérieure et monde conceptuel intérieur ne dure pour l’homme que tant qu’il ne reconnaît pas que ces deux mondes n’en font qu’un. » Rudolph Steiner.



Ce que j’apporte dans ce cycle de formation, c’est ma connaissance spirituelle incarnée dans le corps, dans les sens, et dans la nature elle-même ; et des outils pour que chacun puisse ancrer la connexion et la paix intérieure dans sa vie.
- Je partirai d’outils de connexion à la nature des peuples premiers (« 8 shields ») : la place médecine, le pistage animalier, l’errance, le pistage intérieur, le chant et la danse, le partage d’histoires, l’expansion sensorielle, les arts ancestraux – faire du feu à l’archet, récolter des fibres végétales, cueillir et transformer des plantes…
Ces outils nous permettront de tisser des cordes de connexion de plus en plus nombreuses et épaisses avec tout le vivant. De là, l’état de révérence, de joie, de paix intérieure et d’amour profond, et le sentiment de « faire partie », d’« être » la nature, peuvent émerger. La communication peut s’établir.
De là aussi, nous pourrons réassocier naturalisme et chamanisme. Chez les peuples premiers, les anthropologues ont vu des rapports entre le chamane et des entités « surnaturelles », sans voir que la magie prenait corps dans la nature elle-même. Ce qui est magique, mystérieux, puissant, ne pouvait appartenir qu’à une dimension surnaturelle, non physique, « au-dessus » de la nature, dès lors que l’on considère la nature comme un simple décor, une juxtaposition d’objets sans âmes. « Et pourtant, (…) les puissances et les entités profondément mystérieuses avec lesquelles les chamans entrent en rapport ne sont autres que ces mêmes forces – ces mêmes plantes, animaux, forêts et vents (…) »1. Donc la nature elle-même.
Ces routines de connexion des peuples racines prennent corps dans la roue médecine, ancrage dans les cycles du vivant. Partir en cérémonie, ou en rituel de passage, permet dans cette roue de retracer et d’entrelacer les chemins du deuil et du renouveau pour assurer nos croissances tant physique, émotionnelle que spirituelle.
La pratique de ces routines de connexion peut permettre à la nature de retrouver sa place d’enseignante, et à la communauté de reprendre son rôle de soutien profond. De là, chacun peut se reconnecter à ses dons et contribuer au monde à partir d’une place juste et en harmonie avec tout le vivant.
- L’approche goethéenne des plantes, des éléments, et de tout le vivant, quant à elle, a été initiée par le poète et naturaliste Johann Wolfgang von Goethe. Ce dernier, à l’ère où l’on étiquetait, objectivait et classifiait tout le vivant, s’est rendu compte que l’on perdait la relation avec le vivant. Il a alors créé uneméthode d’observation qui part de tout ce que l’on peut observer, sentir et ressentir d’un être vivant, pour petit à petit se frayer un chemin vers la rencontre de l’esprit de cet être. Son objectif étant que chacun puisse redevenir son propre homme médecine et revenir à une communication directe entre les humains et les différents règnes de la nature, mais à partir d’une méthode scientifique qui pourrait être accueillie par ses contemporains. Il s’agit de réapprendre à déchiffrer le langage de la nature. Goethe nous dit : « Rien n’est dedans, rien n’est dehors, car ce qui est dedans est dehors », et nous accompagne dans le déchiffrage des formes, des couleurs, des odeurs, pour nous permettre d’accéder au « génie » des plantes, des éléments et des êtres vivants.
- Le Tantra nous emmène sur les mêmes voies : à travers différentes pratiques, à travers le regard et le toucher conscients, Shiva explique à Shakti comment atteindre l’éveil spirituel. Je peux petit à petit faire de l’espace dans mes cellules, y amener une détente profonde, y amener l’amour, pour pouvoir accueillir l’intensité de mes émotions et de la vie.
- À coté de ça, j’ai étudié le Body Mind Centering (BMC), la danse contact impro, la litterature, le chant, la géobiologie, la phytothérapie, l’ethnobotanique et la botanique, j’ai été productrice et cueilleuse de plantes. J’apporte toute la palette de mes expériences d’être au monde pour colorer ce cycle de stages.
« Nous nous éprouvons faits de terre, d’air, d’eau et de lumière. Nous sommes le vivant, prolongement du dedans dehors, et du dehors dedans. Nul n’est centre, et chacun a une place. Entre la chair de l’homme et la chair du monde, nulle rupture, mais une continuité sensorielle de chaque instant. Ouvrant le passage à l’ancien savoir qui nous habite, à une danse d’avant le langage, d’avant la première phrase, émerge un duo intime avec notre condition d’être vivant, dont le cycle de vie et de mort fait partie. Du silence, la poésie peut naître et rendre hommage ». Alex Guex

1David Abram, extrait de « Comment la terre s’est tue, pour une écologie des sens », éd La découverte
Crédits photos : Céline Rouvière